L’embargo sur les armes en Centrafrique : entre affaiblissement de la souveraineté sécuritaire de l’État et dépendance à l’aide extérieure (2013-2024)
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Résumé
Cette étude met en évidence le paradoxe de l’embargo sur les armes en République centrafricaine. Censé favoriser le renforcement de l’État centrafricain, il a contribué à freiner la consolidation de ses capacités souveraines tout en accentuant une logique de dépendance structurelle vis-à-vis des acteurs extérieurs. La démonstration s’appuie sur des sources écrites émanant des Nations Unies et de diverses organisations humanitaires internationales, complétées par diverses références bibliographiques. Institué en 2013 en réponse à l’urgence humanitaire et à la montée des violences armées, l’embargo sur les armes à destination de la Centrafrique a mis en lumière les profondes carences de l’État, privé des moyens d’assurer la sécurité sur son propre territoire. Loin de constituer une simple mesure technique, il a accentué la dépendance du pays à l’égard de l’assistance internationale, tout en
favorisant, de manière indirecte, l’essor de groupes armés non étatiques, souvent mieux pourvus que les forces régulières. La levée progressive de cet embargo, achevée en 2024, s’inscrit dans une volonté de restaurer les prérogatives de l’État. Toutefois, cette évolution, porteuse d’espoirs, demeure périlleuse : sans réformes institutionnelles ambitieuses, sans encadrement rigoureux des partenariats militaires extérieurs et sans processus inclusif de réconciliation nationale, elle risque d’ouvrir la voie à une nouvelle militarisation anarchique, au détriment d’une stabilité durable.
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