Migrations et identité transnationale à Brazzaville : le cas du quartier Poto-Poto

Contenu principal de l'article

Dieudonné Moukouamou

Résumé

Née de la volonté coloniale à la fin du XIXe siècle, Brazzaville est une création multi-identitaire et multiculturelle. Le poids de l’histoire coloniale et de la Deuxième Guerre mondiale font d’elle la capitale de l’Afrique équatoriale française (AEF) et de la France libre, puis progressivement, un « espace-monde » qui accueille des gens venant de différents horizons. À ces dimensions historique et politique s’ajoutent les dimensions économique et culturelle qui font de la ville une direction choisie par les étrangers. Cette position centrale confirme le rôle de marché forain que le site où est implantée la ville joua naguère, en devenant un pôle d’attraction d’immigrés et d’inter-culturalité. Rapidement, Brazzaville devient la seconde patrie de beaucoup d’étrangers. Elle favorise la création de nouveaux espaces, où des populations diverses mettent progressivement en place une culture urbaine. Dans le quartier de Poto-Poto, autochtones et étrangers se trouvent dans cette situation de rencontre et d’harmonisation de coutumes et de cultures. Chacun d’eux va au-delà de sa « petite patrie », de sa culture de base, de son identité nationale et de son identité personnelle réduite aux seuls nom, prénom, nationalité, date et lieu de naissance, profession, adresse, etc., pour créer « une patrie inter-nations » où s’exprime une identité transnationale. Ainsi, Poto-Poto est devenu, depuis, une micro-nation où se conjuguent, dans la diversité, des identités culturelles transnationales

Details de l'article

Rubrique
Articles